Divers Construction

Qu'est-ce que l'Hyperloop ?

20/12/2019 15:43:18
ECI - Mise à jour : le 20/12/2019 15:43 - Par
Divers Construction

Proposé en 2013 par Elon Musk, Hyperloop est un projet collaboratif à l’esprit futuriste qui promet d'impressionnants travaux. L’objectif est d’inventer un 5ème mode de transport, alternatif aux transports aériens, routiers, ferroviaires et maritimes. Le véhicule ressembleraient à une capsule capable de se déplacer à près de 1500 km/h dans un tube sous vide. Petit zoom sur ce grand projet.

Qu'est-ce que l'Hyperloop ?

Crédit photo : Kevin Krejci via Flickr - CC BY 2.0

Les principaux objectifs du projet Hyperloop : quels seraient ses avantages ?

La vitesse

Les promoteurs du projet visent d’abord à développer un mode de transport plus rapide que tous les moyens existant à l’heure actuelle. L’Hyperloop pourrait notamment relier Los Angeles à San Francisco en moins de 30 min, soit 551 km à plus de 1100 km/h. À titre comparatif, un avion pourrait théoriquement parcourir ces 551 km en 35 min, et à une vitesse de 885 km/h. En pratique, il lui faut plutôt 1h30. Evidemment, les transports routiers, maritimes et ferroviaires auraient actuellement du mal à faire mieux. Il faut dire que dans la vie réelle, de nombreux facteurs rendent les transports de personnes et de marchandises plus ou moins longs.

Une efficacité par tous les temps

La pluie, la neige, le vent sont autant de phénomènes climatiques qui perturbent les transports. Les retards sont fréquents lorsque les conditions météorologiques ne sont pas favorables. Ceci est valable pour les trains, les camions, les avions, les bateaux, mais a priori pas pour l’Hyperloop. Le tube sous vide devrait en théorie permettre de conserver un niveau élevé de services, y compris par mauvais temps.

Un niveau de sécurité plus élevé

Un des principaux objectifs de l’Hyperloop est de proposer un mode de transport plus sûr que l’avion. S’il est déjà admis que le transport aérien génère moins d’accidents que le transport routier, l’appareil volant pourrait pourtant se faire devancer en matière de sécurité par un tube sous vide. Il faut dire que le concept repose en fait non pas sur un simple mais sur un double tube dans lequel se déplaceraient des capsules surélevées par des systèmes de sustentation électromagnétique (pour réduire les frictions de l’air, frictions importantes par exemple entre les trains et les rails). Les passagers et/ou les marchandises se trouveraient alors dans les capsules. Peu de risques donc de chuter de plusieurs kilomètres de haut suite à un accident, et encore moins que les capsules heurtent des animaux sauvages ou d’autres obstacles (puisqu’elles circuleraient dans un tube).

Un transport durable

Le concept du projet Hyperloop va encore plus loin en jouant la carte du développement durable. Ce transport nouvelle génération pourrait en effet s’autosuffire en énergie, c’est-à-dire produire autant d’énergie qu’il en consomme, en particulier via l’installation de panneaux solaires sur les tubes. Dans l’idéal, il pourrait même engendrer un surplus d’énergie grâce à l’électricité générée lors de son fonctionnement.

D’autres avantages envisagés

Pour faire les choses en grand, l’Hyperloop se veut aussi économiquement pertinent (moins cher que le billet de tout autre moyen de transport) et disponible à tout moment (moins d’attente, moins de contraintes horaires).

Les principaux acteurs du projet Hyperloop

Un certain nombre d’acteurs travaillent sur le projet de l’Hyperloop. On retrouve essentiellement Hyperloop One (ex Hyperloop Technologies) qui a déclaré en 2017 avoir réussi un test à 309 km/h, la start-up américaine Hyperloop Transportation Technologies, la start-up canadienne TransPod qui a annoncé un plan de production de véhicules pour 2020, ou encore de nombreuses universités participant au concours international Hyperloop Pod Competition (dont l’objectif est orienté sur la conception des capsules).

HyperloopTT en bref

Hyperloop Transportation Technologies (ou Hyperloop TT) est une entreprise de transport dont la mission principale consiste à construire l’Hyperloop. Elle s’appuie sur une importante équipe d’ingénieurs et de personnes qualifiées et multidisciplinaires réparties sur la scène internationale. Son siège est basé à Los Angeles mais l’entreprise détient des bureaux en France (Toulouse), au Brésil (Sao Paulo), en Espagne (Barcelone), en Slovaquie (Bratislava), mais aussi aux Emirats Arabes Unis (Abu Dhabi et Dubaï). De nombreux accords ont par ailleurs été signés avec plusieurs pays, y compris la Corée, la Chine ou la République Tchèque.

Une étude de faisabilité optimiste

Dans un récent communiqué, Hyperloop TT a donné les premiers résultats d’une étude de faisabilité sur une hypothétique liaison Hyperloop permettant de relier Cleveland, Chicago et Pittsburgh. Réalisée en collaboration avec Transportation Economics & Management Systems, Inc., une entreprise indépendante de planification des transports, l’étude estime le projet réalisable, avec un intérêt économique important pour la région des Grands Lacs. Elle met notamment en avant un coût de construction bien moins élevé qu’une ligne de type TGV, des bénéfices potentiels à l’échelle régionale estimés à des dizaines de milliards de dollars et une réduction des émissions carbone de 143 millions de tonnes.

Où en est-on à l’échelle internationale ?

Plusieurs projets sont en cours de développement et des partenariats multiples sont signés depuis des années, montrant ainsi l’intérêt de différentes nations pour cette technologie novatrice. En Californie par exemple, un circuit de 8 km par Hyperloop est prévu dans la Quay Valley, une ville du futur se voulant durable et connectée. Au Nevada, la société Hyperloop One a quant à elle installé en 2017 une piste d’essai de 500 m et battu un record de vitesse de 310 km/h après seulement 300 m, le tout sur une distance totale de 437 m. À noter qu’en parallèle, des dizaines d’études économiques ont été menées pour estimer le coût de construction d’une liaison Hyperloop, par exemple de 70 km entre le port de Zaroubino en Russie et la ville de Hunchun en Chine (450 à 600 millions d’euros).

L'Hyperloop en France ?

Ce sont essentiellement des filiales de l’américain Hyperloop TT (à Toulouse) et du canadien Transpod (à Limoges) qui s’imposent en France. Si plusieurs projets ont été imaginés mais non réalisés à ce jour, comme une liaison Gare de Marseille St Charles – Aéroport Marseille Provence en 72 secondes, les acteurs ont encore récemment prouvé leur dynamisme. TransPod va en particulier présenter un prototype de sa capsule en 2020 à l’exposition universelle de Dubaï. La société canadienne devrait également construire prochainement un centre d’essai ainsi qu’une piste à Droux (Haute-Vienne). À savoir que l’Europe va verser 2 millions d’euros pour tisser des liens entre TransPod et l’Université de Limoges autour de la R&D liée à l’Hyperloop, dans le cadre d’un programme Feder.

Concept initialement perçu comme imaginaire et irréalisable, le projet Hyperloop prend néanmoins forme d’année en année. Le concept pourrait bien voir le jour d’ici quelques temps. Reste à voir s’il révolutionnera vraiment le transport et s'il tiendra ses ambitieuses promesses !

 

 

 

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