Interview

Interview : Susana Mendes, secrétaire générale d'YPREMA

ECI - le 07/03/2019 21:09:35 - Par
Interview

Quelle est aujourd'hui la place des femmes dans les travaux publics et le bâtiment ? Combien sont-elles ? Quelles sont les évolutions constatées ? Susana Mendes, secrétaire générale d'une PME du BTP, a accepté de répondre à nos questions.

Interview : Susana Mendes, secrétaire générale d'YPREMA

Quel métier exercez-vous ?

Je suis la secrétaire générale d’YPREMA, une PME d’environ 90 personnes. YPREMA est spécialisée dans la réception et le traitement de déchets de chantiers (matériaux de déconstruction) qu’elle recycle pour la construction de routes.

Quel a été votre parcours ?

Après le bac, j’ai d’abord voulu m’engager dans des études longues, mais j’ai rapidement réalisé que j’avais besoin de « concret ». Je suis donc partie en BTS assistance de direction.

Mon premier emploi a été un emploi de secrétaire pour l’ensemble des services administratifs d’une PME du BTP. J’ai évolué au sein de cette PME et j’ai été chargée de la gestion intégrale des dossiers (sous-traitance, cautions bancaires, services généraux).

Je suis restée 8 ans dans cette entreprise, mais j’ai dû la quitter suite à un licenciement économique survenu après un congé maternité…

J’ai voulu de nouveau travailler en PME, et j’ai suivi une formation en comptabilité avant de rejoindre YPREMA en 1994 (il y a 25 ans !) en tant qu’assistante. Depuis, aucune journée de travail n’a plus jamais ressemblé à la précédente ! Je gérais les dossiers des fournisseurs, des assurances, puis plus tard la partie « paie ». Mon évolution a été rapide, et avec mes collègues nous avons petit à petit amené et constitué le service des Ressources Humaines.

J’aime mon métier, à la fois nouveau, plein d’opportunités et en constante progression !

Vous orienter vers le milieu professionnel du BTP a-t-il été un choix ?

Non, c’est arrivé par hasard, mais le fait est que je suis « BTP depuis toujours ».

Professionnellement, on se sent comme une famille, car c’est un milieu qui a ses propres règles et son propre système, par exemple au niveau des congés payés. On fait vraiment partie de ce système bien particulier, et cela crée un fort sentiment d’appartenance.

Y a-t-il beaucoup de femmes parmi vos collègues, et dans le BTP en général ?

Nous sommes entre 10 % et 12 % de femmes à travailler dans le BTP, mais la proportion est 3 fois  plus élevée dans mon entreprise : chez YPREMA, les femmes représentent un tiers des effectifs. Elles se démarquent surtout à l’accueil commercial, où elles ont souvent plus de facilités et où elles sont majoritaires.  Sur nos 5 sites, nous avons en tout 10 personnes chargées de l’accueil commercial et seulement 2 hommes.

Constatez-vous une évolution ?

Je constate une évolution au sein du BTP. Nous sommes de plus en plus nombreuses à des postes de plus en plus variés, comme conductrice d’engins ou de poids lourds, et, même directrice d’exploitation au sein d’YPREMA.
Cela s’explique en partie. Nous sommes basés en Île-de-France et la région connaît actuellement des problèmes de main d’œuvre dans le BTP, ce qui amène les recruteurs à élargir leurs recherches vers de nouveaux profils.

Dans votre métier, est-ce qu’être une femme fait une différence ?

Le président d’YPREMA valorise le travail des femmes, donc dans mon cas c’est un avantage.

Je pense également que les femmes savent plus naturellement réfléchir à plusieurs choses en même temps, gérer plusieurs dossiers en parallèle etc. Je n’ai aucune certitude, mais j’ai aussi l’impression qu’être une femme constitue « un plus » au niveau humain : les conflits sont plus facilement évités. Par exemple, quand vous devez signaler à un chauffeur que son camion est en surcharge, si vous êtes un homme le ton risque de rapidement monter en face, alors que si vous êtes une femme il y a plus de chances que les échanges soient plus posés.

Comment voyez-vous l’avenir des femmes dans le BTP ?

Je pense que la place des femmes dans le BTP va continuer à évoluer, et que de plus en plus de femmes vont occuper des postes qu’on confierait actuellement plus volontiers à des hommes. Il y a de moins en mois d’à priori sur nous. C’est vrai qu’on voit peu de conductrices d’engins, mais on s’y habitue quand même de plus en plus. Même constat pour les conductrices de travaux sur les chantiers. Les femmes du BTP ont un avenir prometteur !

 

 

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