Environnement

Les chantiers en milieux sensibles : comment préserver l'environnement ?

14/12/2018 13:48:14
ECI - Mise à jour : le 14/12/2018 13:48:14 - Par
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Rivières, zones humides, parcs naturels et autres milieux forestiers et agricoles sont des territoires dont l’écosystème demande à être protégé. Il n’est pas rare que les activités des chantiers de travaux publics viennent à la rencontre de ces types de milieux sensibles. Des mesures strictes doivent alors être prises afin de préserver au mieux la zone et de ne pas mettre en péril la biodiversité.

Les chantiers en milieux sensibles : comment préserver l'environnement ?

Qu'est-ce qu'un milieu sensible ?

De manière générale, les zones sensibles désignent tous les milieux naturels dont la grande biodiversité joue un rôle extrêmement important dans la préservation de faune et de la flore, mais aussi sur la qualité de l’air et de l’eau. Les milieux sensibles sont classés suivant leur type, et différentes mesures sont prévues pour chacun d’entre eux afin que la cohabitation entre les chantiers et les écosystèmes se passe pour le mieux et que ces derniers ne souffrent pas des activités qui y sont liées. Voici les différents types de zones sensibles :

  • Les zones de protection de la flore et de la faune : ces milieux souvent fragiles peuvent abriter des espèces protégées et être une ère de reproduction et d’alimentation pour bon nombre d’entre elles. On les trouve aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine ou périurbaine. Il faut savoir que même les villes peuvent abriter une grande diversité biologique. De manière plus générale, ces zones de protection englobent aussi les zones boisées telles que les forêts qui jouent un rôle primordial pour le climat ainsi que pour la qualité de l’air. Les arbres sont également un habitat pour de nombreuses espèces.
  • Les cours et plans d’eau sensibles : il s’agit ici de tous les cours d’eau, rivières, fleuves, canaux, ainsi que les plans d’eau tels que les lacs, étangs ou estuaires. Ces lieux sont indispensables à la bonne préservation des écosystèmes et leur protection est essentielle. Ils abritent souvent une richesse biologique exceptionnelle avec, notamment, des espèces migratrices et protégées, mais aussi des activités humaines comme la pêche.
  • Les zones agricoles sensibles : L’agriculture nécessite un environnement des plus stable dont la qualité de l’air, des sols et de l’eau influe directement sur la productivité. Les activités d’élevage demandent elles aussi des précautions puisque les bêtes sont généralement sensibles aux bruits induisant alors du stress. De plus, les zones rurales qui accueillent des activités agricoles peuvent, dans certains cas, abriter des écosystèmes fragiles.
  • Les zones humides : ces zones jouent elles aussi un rôle essentiel au sein des espaces naturels et sont une priorité pour la préservation de la biodiversité. Grâce à leur pouvoir de filtration, elles participent au cycle de l’eau et à sa qualité ainsi qu’au renouvellement des nappes souterraines. Elles sont aussi un très bon régulateur en cas d’inondation et protègent ainsi les villes et villages aux alentours. Alors qu’on estime que 50% des oiseaux dépendent de ces zones, il faut savoir qu’au niveau mondial, plus de 25% de l’alimentation en dépend.

Comment préserver l'environnement des milieux sensibles ?

L’implantation d’un chantier aux abords d’une zone naturelle est toujours synonyme d’attention, d’autant plus quand il s’agit d’un milieu sensible comme ceux que nous venons de citer.

Les différentes activités de travaux publics peuvent en effet avoir un impact négatif sur ces milieux,  et de grandes précautions doivent alors être de mise pour limiter le plus possible cet impact et éviter des perturbations à long terme des écosystèmes.

Tout d’abord, le bruit ainsi que les vibrations sont très certainement le dénominateur commun à tous les types de chantiers. Ces perturbations ont tendance à faire fuir des espèces qui peuvent être protégées et entrainent également une gêne sur les activités agricoles, mais aussi en zone urbaine. La meilleure solution pour limiter les perturbations liées aux bruits et aux vibrations est de baliser les zones d’accès du chantier ainsi que de limiter les emprises du chantier afin d’éviter la zone sensible à proprement parler.

Parmi les impacts susceptibles d’avoir de graves répercussions sur les milieux sensibles, on retrouve évidemment la pollution de l’eau qui doit être évitée à tout prix grâce à des mesures strictes. La signalétique, bien qu’elle puisse paraitre désuète, permet déjà de préciser aux opérateurs ce qu’il convient ou non de ne pas faire sur un chantier en zone sensible. Toutefois, dans les zones humides comme près des cours d’eau, les entreprises de travaux publics peuvent avoir recours à différentes solutions pour éviter le rejet d’hydrocarbures ou autre particules nocives. À titre d’exemple : les engins hydrauliques peuvent être équipés d’huiles biodégradables, l’approvisionnement en carburant doit également se faire en dehors de la zone autant que les maintenances et autres nettoyages d’outils et d’équipements, des dispositifs de rétention peuvent aussi être installés en aval du chantier. 

Enfin, pour pallier l’éventuelle gêne et empêcher la destruction d’habitats ou d’espèces, il est possible d’avoir recours à des solutions simples et innovantes. On peut par exemple citer la clôture à amphibiens (ou autres espèces) qui permet d’éviter à certains animaux de pénétrer sur le chantier.

Suivant les délais et si des espèces protégées évoluent aux abords du chantier, il est aussi envisageable de reporter les travaux, par exemple en dehors des périodes de nidification ou de migration d’oiseaux, ou en dehors de celles de reproduction des amphibiens, etc. 

Pour conclure, quelle que soit la nature des travaux (terrassement, ouvrage d’art, chaussée, etc.) ou l’étape d’avancement du projet, il convient de bien prendre en compte les écosystèmes qui comportent généralement plusieurs milieux différents (zones humides, boisées, cours d’eau, etc.). Des mesures concrètes doivent alors être prises par rapport à chaque type de milieu de façon à limiter les impacts potentiels du chantier. Pour cela, une bonne organisation est nécessaire ainsi qu’un rigoureux suivi de chantier étape par étape

 

 

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