Environnement

Comment les entreprises du BTP gèrent-elles les déchets de chantier ?

ECI - le 26/10/2018 15:48:51 - Par
Environnement

Les secteurs du bâtiment et des travaux publics représentent une grande partie de la production de déchets chaque année en France. 85 % de ces déchets proviennent logiquement des chantiers de démolition et de rénovation. Aujourd’hui, la valorisation des déchets du BTP a pratiquement atteint l’objectif de la loi de transition énergétique, qui est de passer au-dessus de la barre des 70 % d’ici 2020.

Comment les entreprises du BTP gèrent-elles les déchets de chantier ?

 Les enjeux de la valorisation des déchets

En France, les déchets issus des filières du bâtiment et des travaux publics représentent une part importante de la production globale de déchets. À titre de comparaison, les chantiers du secteur du bâtiment génèrent environ 40 millions de tonnes chaque année, soit un peu plus que la totalité des déchets ménagers français (30 millions de tonnes). Mais le secteur des travaux publics est de loin celui qui en génère le plus avec 220 millions de tonnes l’an dernier. Un chiffre somme toute logique puisque les chantiers de déconstruction et de réhabilitation engendrent à eux seuls 85 % des déchets de chantier des travaux publics.

Quelles que soient leurs origines et leurs natures, les déchets sont invariablement un élément important à prendre en compte pour déterminer l’impact environnemental d’un chantier, mais aussi du secteur dans sa globalité.  Outre le danger relatif à certains déchets (amiante, démantèlement de centrale nucléaire, d’usine de l’industrie chimique, etc.), la production de déchets revêt des enjeux d’une importante dimension, notamment concernant la pérennité du secteur, mais aussi celle des matériaux (épuisement des ressources). C’est pour toutes ces raisons que la valorisation des déchets est aujourd’hui un élément central de la filière du BTP. Le réemploi sur chantier, le recyclage ou encore les processus de prévention permettent de mettre en place une économie circulaire qui apporte de nombreux bienfaits, tant pour les entreprises du secteur qui contribuent à une meilleure gestion des ressources, que pour réduire l’impact environnemental et la pollution que ces déchets génèrent.

Quels sont les types de déchets de chantier ?

Les matériaux inertes

Les déchets de chantier sont pour la plupart des déchets inertes (72.4 %). On parle donc ici de matériaux non dangereux comme les gravats, les tuiles et les briques, les agrégats d’enrobés, etc. Les principales problématiques liées à ce type de déchets sont leur important poids ainsi que leur volume qui ont tendance à générer une énergie grise assez importante. C’est pourquoi ces déchets sont souvent réutilisés sur le chantier d’origine, en tant que remblais par exemple. 31 % de ses matériaux sont directement réemployés sur le chantier d’origine, 6 % sont envoyés sur d’autres chantiers, alors que 39 % sont utilisés en remblai de carrière. Les matériaux inertes sont ainsi valorisés à plus de 76 % sur l’ensemble du territoire, près de 90 % dans certaines régions.

Les matériaux non inertes et non dangereux

Aussi appelés « déchets industriels banals », ces types de matériaux représentent 26 % du total des déchets du secteur BTP. Il s’agit principalement de déchets végétaux, de métaux, de bois brut et de plastiques. 49 % de ces déchets sont mélangés, ce qui constitue une difficulté supplémentaire pour leur valorisation. Tous ces déchets partent généralement en centre de recyclage après tri, en décharge de classe 2 ou en unité d’incinération. Les déchets qui partent en unité d’incinération ne sont pas pour autant perdus puisque ces installations permettent très souvent une valorisation énergétique.

Les déchets dangereux

Vous l’aurez compris, on a affaire ici à des déchets contenant des matériaux dangereux et toxiques comme de l’amiante,des colles, des solvants, des peintures ou des vernis au plomb, des hydrocarbures, des mélanges bitumineux, etc. Ils représentent 1.5 % du total des déchets du secteur. Parmi eux se trouvent également de nombreux déchets inertes qui ne peuvent être envoyés au recyclage qu’après décontamination. Ce sont des matériaux de type brique, béton, ou tuile, qui ont été en contact avec des substances dangereuses. 

Les déchets spécifiques

Il s’agit ici de déchets qui ne peuvent faire l’économie d’un traitement spécialisé avant d’être recyclés. On peut notamment citer les lampes à LED et autres tubes fluorescents, les accumulateurs et piles contenant du mercure ou non, les équipements de chauffage électrique ou de ventilation, les matériels d’informatiques et de bureautiques, ou encore tout ce qui est outillage électrique.

Les solutions à l’échelle de l’entreprise

Depuis un certain nombre d’années, les entreprises ont réussi à mettre en œuvre de nombreuses solutions pour parvenir à réduire leur impact environnemental et augmenter le réemploi et le recyclage des déchets de chantier. La plupart des entreprises mettent aujourd’hui à disposition sur les chantiers des conteneurs (pourtant non obligatoires) qui facilitent amplement le tri des déchets. Ce n’est évidemment pas toujours techniquement réalisable, surtout sur les chantiers qui manquent d’espace, mais le tri sur place permet de réduire drastiquement les coûts de l’élimination des déchets et participe à rendre plus facile leur valorisation.

En termes d’obligations, l’entreprise doit, depuis 1995, valoriser tous les emballages (palettes, cartons, etc.). Concernant le transport des déchets (plus de 500 kg pour les déchets non dangereux, moins de 100 kg pour les déchets dangereux), l’entreprise doit faire au préalable une déclaration en préfecture, elle est valable 5 ans et ne concerne pas les déchets inertes. Enfin, depuis 1992, seuls les déchets n’ayant pas pu être valorisés grâce au réemploi, au recyclage, ou à la valorisation énergétique par incinération, sont acceptés en décharge.

Enfin, il faut savoir que près de 4 000 installations spécialisées dans l’accueil des déchets de chantier sont actuellement réparties sur l’ensemble du territoire national. Plus de la moitié de ces installations se chargent de la valorisation des déchets, tandis qu’un tiers s’occupent uniquement de la collecte et du tri, et que seulement 15 % sont destinées au stockage définitif.

 

 

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