Économie & Réglementation

La cote FNTP : son mode d'emploi et ses limites

10/08/2018 09:24:00
ECI - Mise à jour : le 10/08/2018 09:24:00 - Par
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Rendant service aux professionnels du TP et du BTP depuis plus de 50 ans, la cote FNTP reste un outil indispensable afin d’estimer la valeur d’achat ou de revente de matériels d’occasion. Aujourd’hui nous vous dévoilons tous les détails qu’il faut connaitre à propos de la cote FNTP, de son utilité et de ses limites pour le marché de l’occasion.

La cote FNTP : son mode d'emploi et ses limites

La cote FNTP, qu’est-ce que c’est ?

À l’origine créée en 1965 par des sociétés d’assurance et de financement pour répondre aux besoins des professionnels du secteur, la cote est maintenant comme son nom l’indique, sous la gestion de la Fédération nationale des travaux publics.  
Cette cotation pour les matériels d’occasion est mise à jour une fois par an par la commission Matériel de la FNTP. Les experts de cette commission se basent sur de nombreux critères et organisent un groupe de travail pour chaque famille de matériels cotés (12 familles au total) avec les représentants de la filière Matériel. Les cotes ainsi obtenues servent de base pour l’estimation de la valeur d’un matériel, comme d’un parc complet, mais aussi pour les valeurs d’assurance. Concernant les transactions (achats et ventes), la cote sert de référentiel pour déterminer le juste prix du matériel, prix qui dépendra aussi de leur état et d’autres critères que les sociétés impliquées dans la transaction sont libres d’apprécier.

Quelle est l’utilité de la cote FNTP ?

La consultation de la cote FNTP est une première étape indispensable pour juger de la valeur commerciale d’un matériel d’occasion. Ainsi, en servant de référence pour évaluer le prix d’un matériel, la cote FNTP a tendance à structurer le marché et offrir un cadre stable aux acquéreurs et aux vendeurs de matériel de chantier. Bien que ces dernières années le marché connaisse une évolution assez irrégulière, notamment avec des ventes aux enchères où les fluctuations de prix sont parfois importantes, la cote FNTP reste un point de repère de confiance pour les entreprises des différents secteurs qui la consultent. 

Comment et par qui est fixée la cote FNTP ?

Pour déterminer la cote d’un engin de chantier, la FNTP rassemble divers représentants en groupes de travail. On y retrouve d’abord la commission du matériel de la FNTP, qui assure la représentation des entreprises utilisatrices, puis les fournisseurs de matériels et les négociants de matériels neufs comme d’occasion qui sont représentés par la D.L.R, la C.I.S.M.A et la SEIMAT. La D.L.R est une fédération nationale de distributeurs, loueurs et réparateurs de matériel, alors que les deux derniers représentants sont des syndicats d’entreprises de matériels et d’équipements. Ces deux syndicats représentent la filière Matériel aussi bien pour le secteur du TP/BTP que celui des mines et carrières, de la sidérurgie, ou de la manutention.
Les groupes de travail ainsi constitués vont pouvoir déterminer la cote des matériels en fonction de plusieurs paramètres comme la décote initiale, la durée de vie de la machine et la valeur résiduelle d’un matériel.

Quelles sont les limites de la cote FNTP ?

Si la cote FNTP est une base utile, voire essentielle pour fixer le prix d’un engin d’occasion, il n’en reste pas moins important de garder à l’esprit qu’elle fournit uniquement des valeurs de référence à titre indicatif. Au cas par cas, les prix de référence nécessitent des ajustements en fonction de diverses caractéristiques liées à l’état et l'utilisation du matériel mis en vente. Ainsi, la valeur sera ajustée par rapport à l’état réel de l’engin et de ses équipements, des conditions de travail auquel il a été soumis, mais aussi du nombre d’heures d’utilisation depuis sa première mise en service. Cette dernière valeur peut ensuite être comparée à une valeur moyenne qui permet d’avoir une idée de la durée de vie de l’engin.

Les fluctuations du marché sont également un critère important à prendre en compte, or ces fluctuations n’entrent pas dans le champ d’analyse de la cote. Il ne faut pas oublier que le prix d’un matériel, quel qu’il soit, dépend aussi de l’offre et de la demande à un instant donné. Certains matériels de chantier voient leur prix à la hausse durant les périodes où leur disponibilité se raréfie, et inversement. Mise à jour au 1er juin de chaque année, la cote FNTP ne se soucie pas de ce phénomène économique de variabilité des marchés, mais uniquement de la variation des valeurs de référence, c’est-à-dire des valeurs dites «catalogues». Il est donc conseillé d’utiliser des sources d’informations complémentaires, comme l’estimateur de prix mis en place sur Europe-TP qui donne des indications sur le marché de l’occasion en temps réel.

La rapide évolution des machines et de leurs équipements est enfin un critère qui vient nuancer la cote FNTP. En effet, certaines innovations peuvent rendre obsolète un produit plus rapidement que prévu. Ainsi, les modèles récents les plus économes en énergie, qui offrent plus de sécurité et bénéficient d’une meilleure ergonomie peuvent afficher un prix plus haut.
À noter que de nombreux modèles d’engins trop anciens ne sont plus référencés et inscrits à la cote.  

Comment l’utilise-t-on ?

La cote FNTP peut servir aux vendeurs qui souhaitent fixer le prix d’un matériel, ainsi qu’aux acheteurs à la recherche de la meilleure offre. Pour une utilisation correcte et efficace de la cote FNTP, il faut avoir une bonne expérience des matériels et du secteur du BTP. Comme nous venons de le voir, la cote ne doit pas être utilisée comme seul indicateur : de nombreux autres paramètres sont à considérer et à analyser pour estimer la valeur réelle d’un engin de chantier et de ses équipements. L’acquéreur et le vendeur d’une machine doivent porter une attention particulière aux critères que la cote FNTP ne peut pas prendre en compte, comme l’état réel de la machine, ses conditions de travail antérieures, ainsi que le nombre d’heures de travail qu’elle a effectuées. Il est évident qu’une bonne connaissance de l’engin en question, qu’il s’agisse d’une chargeuse sur chenilles, d’une pelle hydraulique ou d’une grue mobile, est appréciable pour par exemple déterminer les futurs coûts d’entretien.

Le carnet d’entretien de l’engin est un indicateur important, qui permettra de déterminer le coût total de possession, qui se calcule avec le prix d’achat de l’engin, son prix d’entretien, ainsi que sa charge d’amortissement. Cette charge d’amortissement correspond à l’éventuelle perte de valeur de la machine, en raison de son usage futur, mais aussi de l’évolution technique du marché et, par conséquent, de l’éventuelle obsolescence du matériel. Pour une estimation correcte, il faut donc connaître avec précision l’utilisation qui va être faite de l’engin, son degré d’intensité et sa durée de vie escomptée. Tous ces paramètres aideront à déterminer si l’investissement (ou si la vente) est rentable.

En résumé, la cote FNTP est un point de repère essentiel qui indique le prix de base d’un matériel d’occasion, puis tous les paramètres évoqués plus haut vont faire hausser ou baisser ce prix afin qu’il soit fixé au plus juste.

 

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