Divers Construction

Chantier en hiver : les précautions à prendre

30/05/2018 15:50:57
ECI - Mise à jour : le 30/05/2018 15:50:57 - Par
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Voilà, nous y sommes ! La belle saison estivale et les fortes chaleurs que nous avons pu ressentir cet été laissent maintenant place aux tempêtes hivernales, neiges et verglas, qui sont d’actualités dans un bon nombre de régions. Du nord au sud du territoire, les salariés qui travaillent à l’extérieur sont exposés à de rudes conditions climatiques qui parfois peuvent mener à l’arrêt total d’un chantier. Mais avant d’en arriver là, faisons un point sur les bonnes précautions à prendre pour se protéger des intempéries et de ce froid glacial.

Chantier en hiver : les précautions à prendre

Mieux vaut prévenir que guérir

Les salariés du bâtiment et des travaux publics savent de quoi il en retourne et sont généralement bien équipés pour faire face aux intempéries. Bien entendu, l’employeur n’enverra pas ses ouvriers travailler sous une tempête hivernale puisqu’il se doit de consulter la météo et de prendre des dispositions par rapport aux prévisions annoncées (arrêter le chantier, faire travailler ses salariés en intérieur ou aménager les horaires). Cependant, il est bon de rappeler ici les principales précautions à prendre pour préserver sa santé en cas de grand froid et aussi pour améliorer la sécurité au sein des chantiers.

L’essentiel, c’est l’équipement :

  • Sur les chantiers, le port du casque est obligatoire toutefois, cela n'empêche aucunement de se munir d’un bonnet polaire tant que celui-ci est adapté et ne vous empêche pas d’enfiler votre casque.  
  • Une grande partie de la chaleur produite par le corps s’évacue par les extrémités, à ce titre il est indispensable d’être équipé de gants et, si possible, de sous gants, de bottes et d’une paire de chaussettes épaisses et montantes.
  • Vous pouvez être très bien équipé mais si vous oubliez de protéger votre cou vous attraperez froid à coup sûr ! Pour le protéger convenablement, préférez le snood (écharpe à tube) à l’écharpe traditionnelle, il est beaucoup plus pratique pour effectuer des tâches manuelles et ne risque pas de se coincer dans une machine ou un outil.
  • Privilégiez également les vêtements techniques tels que les softshells, les vestes isolantes et déperlantes, ou bien les vestes en Gore-Tex. Ces vêtements sont conçus spécialement pour ceux qui travaillent en extérieur. Ils assurent une protection optimale contre les intempéries tout en conservant la chaleur corporelle.
  • Les sous-vêtements ne sont pas à négliger. Le corps doit respirer et la peau doit rester au sec. Ainsi, il est préférable de ne pas utiliser de tee-shirt ou de polo en coton car cette matière ne laisse pas la transpiration s’évacuer convenablement. Les sous-vêtements techniques sont encore une fois les meilleurs pour jouer ce rôle. Vous pouvez en trouver, notamment, dans les magasins de sport au rayon randonnée.

L’hygiène de vie et la forme physique sont, elles aussi, particulièrement importantes quand on est amené à passer plusieurs heures dans le froid. Les vêtements assurent un certain confort et les bonnes habitudes d’hygiène de vie permettent de garder la forme et d’être paré à affronter les rudes conditions climatiques que l’hiver apporte dans ses bagages. Ainsi, on peut citer de façon non exhaustive :

  • D’avoir fait une bonne nuit de sommeil avant de commencer le travail. C’est une condition sine qua non pour garder la forme et être en bonne santé. A contrario un manque de sommeil peut entraîner à la longue une fatigue chronique. Si tel est le cas, le corps devient beaucoup plus sensible au moindre virus et au froid.
  • D’avoir une alimentation équilibrée tout en privilégiant les glucides et les sucres lents (pâtes, riz, pain complet, carottes crues, petit pois, etc) . Comme pour les sportifs, ces aliments vous permettront d’avoir de l’énergie sur une longue période puisqu’ils s'assimilent plus lentement. De plus, contrairement aux sucres rapides, ils ne provoquent pas d’élévation soudaine et dangereuse du taux de glycémie.
  • Certaines boissons agissent aussi comme des sucres lents. C’est le cas du jus d’orange frais, du jus de pomme ou du lait. Toutefois, une boisson chaude aura tendance à beaucoup mieux réchauffer qu’un jus de fruit, dans ce cas le chocolat au lait chaud (non sucré) ainsi que les tisanes et les infusions seront parfaits et vous apporteront un bon moment de réconfort. Si possible, évitez le café et le thé : ils sont souvent sucrés, accélèrent le rythme cardiaque et déshydratent tout autant que l’alcool.
  • La cigarette : elle ne réchauffe pas au contraire. En provoquant une vasoconstriction (la diminution temporaire du calibre des vaisseaux sanguins) elle augmente la sensibilité au froid. Par ailleurs, l’exposition du corps au froid intense induit une vasoconstriction naturelle qui a pour but d’augmenter la pression artérielle. Seulement, si vous êtes bien équipés comme mentionné ci-dessus, vous ne rencontrerez jamais ce type de problème.

Enfin, quelques conseils et gestes à effectuer sur le chantier :

  • Eviter de faire trop d’efforts. Les efforts intenses par temps froids, surtout lorsque les températures descendent en dessous de zéro, font apparaître une respiration sifflante (le bronchospasme) et d’autres effets indésirables. Il convient donc d’adapter ses efforts et la charge de travail sur le chantier par rapport aux conditions météorologiques.
  • Si vous êtes chargé de réaliser une activité sédentaire, où vous ne bougez pas beaucoup, n’hésitez pas à taper des pieds, à vous frotter les mains et à bouger, marcher et vous agiter quelques instants. Ces actions auront pour effet bénéfique d’améliorer et d’avoir une bonne circulation sanguine et donc de se réchauffer plus rapidement. Pour que la température du corps se thermorégule correctement, il est nécessaire d’avoir une bonne circulation sanguine, donc de bouger régulièrement.
  • Prenez des pauses régulièrement (minimum toutes les deux heures) pour boire une boisson chaude ou tout simplement pour profiter d’un bungalow chauffé. Le réconfort joue sur le moral et le moral sur le physique, rien n’est à négliger !
  • Cela reste facultatif mais vous pouvez vous équiper de chaufferettes pour glisser dans vos gants ou dans vos poches. Vous savez, ce sont ces petites pochettes qui libèrent de la chaleur durant plusieurs heures lorsqu’on les tord. Comme pour les sous-vêtements techniques, vous les trouverez au rayon randonnée de votre magasin de sport.

Les précautions à prendre en amont

Réaliser des travaux au sein d’un chantier c’est d’abord un grand travail d’organisation et de gestion qui doit être fourni par l’employeur, le responsable du bureau d’études ou encore le chef de chantier. Rien ne doit être laissé au hasard et évaluer les risques d’intempéries ainsi que les dangers qu’ils engendrent font partie des missions des responsables des travaux.

Inspecter le chantier

Outre le fait de se tenir informé de l’évolution des conditions météorologiques chaque jour, quelques règles de bon sens sont mises en œuvre sur les chantiers sujets au verglas et à la neige. Dès le premier jour des intempéries, il est nécessaire d’inspecter précautionneusement le chantier de manière à repérer les éventuels risques et ainsi s’assurer que les employés travaillent dans de bonnes conditions. En effet, chaque chantier est différent de par sa nature (construction, rénovation ou démolition), son emplacement, ou encore de par les moyens qu’il est nécessaire de déployer pour le mener à bien (allers et retours de camions et d’engins, nombre de salariés sur le chantier, etc), un grand chantier nécessitera donc une attention toute particulière afin de ne pas omettre un détail. Le but de cette inspection est de repérer les endroits où circuleront les engins et les camions et où le personnel sera amené à se déplacer afin de lutter contre le verglas. L’inspection du chantier est indispensable.    

Plusieurs techniques efficaces existent pour lutter contre le verglas et la neige :

  • Le salage au chlorure de sodium : de loin la solution la plus répandue car il permet de prévenir ou de stopper son apparition. Seulement le sel de déneigement est assez coûteux à l’achat (près de 80 € la tonne) et a un impact négatif sur la faune et la flore. Le sel modifie les propriétés du sol avec son effet stérilisant et est nocif pour les organismes aquatiques.
  • Le chlorure de calcium : c’est également un sel mais qui bénéficie d’une meilleure presse que le chlorure de sodium. Il se présente sous la forme de micro-perles à disperser sur la zone à dégivrer, il agit en émettant de la chaleur pendant son processus de dissolution (environ 50 °C). Il peut être nocif pour l’environnement mais à un stade beaucoup moins élevé que son cousin le sel de sodium, de plus il est presque 4 fois moins cher (20 € la tonne)
  • Les autres techniques sont peut-être légèrement moins efficaces (elles ne font pas fondre le verglas et n’empêchent pas non plus sa constitution) mais elles sont également beaucoup moins coûteuses. Il s’agit de former une couche de matière par-dessus le verglas afin d’augmenter l’adhérence des véhicules et des piétons. On peut notamment citer : l’épandage de sable, de gravillons rocheux ou bien de copeaux de bois.   

Peu importe la méthode retenue, le principal est d’éviter les mauvaises chutes et les accidents. Un bon conseil que nous pouvons vous donner : balisez la zone de circulation et contrôlez-la régulièrement puis fermez l’accès aux voies qui n’ont pas été traitées de manière à ce que personne ne puisse les emprunter.

L’inspection du chantier est également nécessaire pour repérer les zones en hauteur où la neige pourrait s’accumuler et causer de bien mauvaises surprises. Des stalactites peuvent aussi se former et il faut alors prendre des mesures car elles peuvent tomber en fondant avec la hausse des températures en journée, ou alors tout simplement à cause des vibrations … et les chantiers sont des endroits où les vibrations sont fréquentes !  À ce titre il est judicieux d’évacuer la neige et les stalactites si cela est possible. Dans le cas contraire, il sera nécessaire de baliser la zone où cela serait susceptible de tomber.

Enfin, rassemblez vos équipes en début de journée et briefez-les sur les conditions particulières qu’engendrent un chantier en période d’intempéries. Même si la plupart d’entre eux ont déjà travaillé avec ce cas de figure, il n’est pas inutile de le leur rappeler. De nombreuses entreprises accueillent également des sous-traitant, des intérimaires, des apprentis, ou encore des travailleurs détachés, il faut donc s’assurer qu’ils soient bien formés à la sécurité et qu’ils aient saisi l’importance de la prévention des risques liés aux intempéries. D’autres moyens peuvent être déployés et mis en place par l’employeur : distribution d’une brochure ou d’un dépliant, mettre à disposition un panneau d’informations ou des affiches murales disséminées sur le chantier, faire appel à un intervenant professionnel en sécurité, etc.

En hiver, prenez particulièrement soin du matériel

L’hiver est une époque rude à laquelle il faut s’adapter. Cette affirmation est vraie pour les travailleurs, mais elle l’est aussi pour les engins. Maintenance, équipements, conseils de sécurité, on vous dit tout pour éviter les déconvenues avec les engins en pleine période d’intempéries.

Comme nous avons pu le voir dans le paragraphe précédent, il existe des solutions efficaces pour déneiger et éviter la formation de verglas, toutefois, équiper les engins à roues avec des chaînes est un très bon complément, voir une alternative. Il existe de nombreux types de chaînes à neige pour les engins de chantier tels que les tractopelles et les camions de chantiers. La plupart de ces chaînes permettent une circulation tout-terrain ainsi qu’une adhérence maximale. Les chaînes à neige ont une très grande durée de vie, ce serait bête de s’en priver.

Une attention particulière doit être apportée à la maintenance de vos engins de chantier. Bien qu’elle soit effectuée régulièrement et tout au long de l’année, l’hiver est une période où il ne faut surtout pas la négliger. Pression des pneus (comme avec les fortes chaleurs, le froid intense peut faire varier significativement la quantité d’air dans un pneu), niveau d’huile et de liquide, état de la batterie et des autres éléments soumis à l’usure (dents, flexibles, etc), en somme la démarche habituelle. N’hésitez pas à remplacer une batterie qui aurait déjà montré des signes de faiblesse.

Prévoyez des trousses d’urgence hivernales à l’intention des conducteurs d’engins : elles peuvent s’avérer très utiles dans le cas d’un engin en panne ou bloqué par la neige, d’un conducteur qui ne peut pas s’extraire de sa cabine ou bien, ce que l’on ne vous souhaite pas, en cas d’accident. Vous pouvez inclure dans ces trousses des couvertures de survie, une lampe torche, un racloir à pare-brise, une petite pelle, une poignée de provisions. Certaines trousses contiennent même des fusées de détresse, recours ultime pour un conducteur d’engins pris au piège par la neige.

À l’instar des automobilistes qui prennent la route, il paraît évident que les conducteurs d’engins sont précautionneux quand ils commencent à circuler sur un chantier où le gel a sévit. Toutefois, il n’est pas inutile de prévoir un rapide briefing avant que chacun prenne son poste. Idem pour les ouvriers qui utilisent des nacelles et autres engins de levage : en hiver le temps peut très vite se dégrader et le vent se lever, il convient donc d’être vigilant lors d’une activité en hauteur.

Que faire en cas d’intempérie sur le chantier ?

Fort heureusement, le froid intense ne dure pas toute l’année en France, contrairement à d’autres pays du nord de l’Europe. Excepté dans certaines régions, les fortes chutes de neige restent marginales et la plupart du temps les travaux ne s’arrêtent pas ou alors pour une courte durée suivant les contraintes techniques. Toutefois, le travail en extérieur dans de telles conditions peut s’avérer éprouvant pour les salariés, particulièrement lorsque les températures atteignent les négatifs et que le vent se fait ressentir. L’exposition prolongée au froid peut entraîner des effets, directs et indirects, sur la santé (douleurs, hypothermie, engelures, syndrome de Raynaud, etc), c’est pourquoi les informations que nous vous avons diffusées dans la première partie de cet article ont leur importance : elles apportent l’assurance de réunir les meilleurs atouts pour faire face au froid et rester en bonne santé

Quelles sont les règles applicables sur le chantier en cas d’intempérie ?

Comme le précise l’article L 4122 -1 du code du travail “ conformément aux instructions qui lui sont données par l'employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur pour les entreprises tenues d'en élaborer un, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail.”

Légalement, pour veiller à la santé et à la sécurité de ses salariés, l’employeur est quant à lui tenu de faire appliquer les règles suivantes, donc certaines ont déjà été évoquées :

  • Refuser un employé qui se présenterait sur le chantier avec une tenue inadéquate (en basket par exemple)
  • Signaliser les zones dangereuses comme les surfaces glissantes.
  • Empêcher la formation de verglas sur les lieux de passage des engins et des salariés.
  • Faire prendre des pauses régulières et mettre en place un local chauffé.

Quelles sont les règles applicables lors de l’arrêt d’un chantier ?

L’hiver frappe à notre porte et tout le monde n’est pas toujours prêt à cette éventualité, seulement parfois, l’arrêt du chantier est inévitable.

Qu’ils s’agisse de chantiers issus de marchés publics où s’applique le Cahier des clauses administratives générales (CCAG), ou les marchés privés qui, quant à eux suivent la norme Afnor NF P 03-001, le code du travail reste le seul et unique texte qui définit les intempéries : “ Sont considérées comme intempéries, les conditions atmosphériques et les inondations lorsqu'elles rendent dangereux ou impossible l'accomplissement du travail eu égard soit à la santé ou à la sécurité des salariés, soit à la nature ou à la technique du travail à accomplir.” On comprend bien ici qu’il s’agit des inondations mais aussi du verglas, de la neige et des tempêtes et autres vents forts. Ainsi, l’arrêt des travaux qui ne relève pas du fait des entrepreneurs mais des causes extérieures, provoque une prolongation du chantier, prolongation qui peut dépasser et repousser le délai de livraison de l’ouvrage.

Le CCAG et la norme Afnor NF P 03-001, ont tout de même leurs particularités et leurs différences, ainsi pour arrêter un chantier en cas d’intempéries, la norme Afnor prévoit, en plus de la définition du code du travail, qu’une impossibilité technique à poursuivre les travaux ait été constatée par le maître d’œuvre.

Certains marchés ne se réfèrent pas à la norme Afnor, dans ce cas de figure, c’est la force majeure (article 148 du Code civil) qui doit être invoquée.  

En ce qui concerne les indemnisations liées à l’arrêt des travaux (salaire des employés renvoyés chez eux pour cause d’intempéries, location de matériels, etc) les entrepreneurs du marché public peuvent y prétendre en présentant leur demande chiffrée accompagnée des justificatifs nécessaires.

Pour les marchés publics, c’est l’entrepreneur qui doit prendre en charge et assumer tous les frais indus par les intempéries (sauf cas particulier explicitement inscrit dans le contrat). Il est uniquement possible de demander une prolongation du délai d’exécution de l’ouvrage qui doit être adressé au maître d’ouvrage.  

 

 

 

 

 

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