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Vente de matériels de BTP : le retour de la croissance en Europe

25/06/2015 16:49:36
ECI - Mise à jour : le 25/06/2015 16:49:36 - Par
Économie & Réglementation
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Selon le dernier rapport économique annuel du CECE, le marché européen des équipements de construction a augmenté de 9% en 2014. Même si cette récupération est fragile et diffère selon les pays et les groupes de produits, le retour de la croissance devrait se poursuivre en 2015.

Vente de matériels de BTP : le retour de la croissance en Europe

Pour la première fois, le Comité européen des équipements pour la construction (CECE, voir encadré), a publié en avril 2015 son rapport économique annuel. Il en ressort qu’en 2014, le secteur de la construction en Europe a finalement repris le chemin de la croissance, et que celle-ci devrait même s’accélérer en 2015. Le marché européen de l’équipement a de son côté crû de 9% en 2014, faisant de l’Europe la deuxième région mondiale la plus dynamique du secteur, après l’Amérique du Nord. Cependant, cette croissance n’a pas pu compenser le déclin de l’année précédente, et cette industrie est encore 40% en dessous de ses niveaux record de 2007. Selon le CECE, la poursuite de la croissance en 2015 n’est pas irréaliste, mais son amplitude reste difficile à prévoir.

 

 

Sommaire :

1) Contexte économique général : L’activité de la zone Euro demeure limitée

2) Secteur de la construction : Le rebond devrait se consolider en 2015

3) Les prévisions du secteur de la construction pour les 3 prochaines années

4) Marché de l’équipement : Grande volatilité et hétérogénéité
a) Les ventes d’équipements de terrassement
b) Les ventes d’équipements pour la construction de routes
c) Les ventes d'équipements de construction pour le béton

5) Les prévisions du marché de l’équipement pour 2015

 

1) Contexte économique général : L’activité de la zone Euro demeure limitée

Après une année turbulente en 2012 et une stabilisation en 2013, l’économie européenne a enregistré une croissance de 0,8% en 2014. En 2015, le PIB des économies de la zone Euro devrait augmenter de 1,1%, malgré les faiblesses structurelles de l’union monétaire et les tensions avec la Grèce qui se sont encore accentuées.

Les exportations seront soutenues par la tendance à la baisse de l’euro face au dollar, et l’amélioration de la demande extérieure à la zone Euro (excepté la Russie) : elles devraient augmenter de 4,2% en 2015, contre 3,4% en 2014.

Toujours en dessous de 17% de son dernier pic avant la crise, l’investissement est le principal ingrédient manquant à un véritable retour de la croissance dans la zone Euro. Comme l’a montré le faible impact de la récente amélioration des conditions de crédit sur l’investissement, le climat des affaires demeure plus important que la fourniture de crédits. Le plan Juncker a justement pour but de combler ce manque d’investissement, mais on ne peut s’attendre à aucun impact matériel avant 2016, au mieux.

 

Prévisions de croissance du PIB et de l’investissement brut en équipement dans l’UE

 

 

Croissance du PIB

Investissement brut en équipement

2013

2014

2015

2016

2013

2014

2015

2016

Allemagne

0,1%

1,4%

1,0%

1,5%

-2,7%

3,2%

-1,4%

0,5%

France

0,4%

0,4%

0,8%

1,3%

-0,6%

-0,2%

1,1%

2,7%

Royaume-Uni

1,7%

3,0%

2,3%

1,8%

4,8%

6,9%

3,8%

4,5%

Espagne

-1,2%

1,3%

2,1%

2,5%

5,6%

11,4%

5,5%

5,0%

Italie

-1,9%

-0,4%

0,3%

0,8%

-5,0%

-2,4%

0,2%

2,0%

UE à 28

0,1%

1,4%

1,5%

1,7%

-0,9%

3,7%

3,6%

6,0%

Source : CoeRexecode, Commission européenne.

 

2) Secteur de la construction : le rebond devrait se consolider en 2015

Après sept années de crise profonde et une faible croissance de 1% en 2014, le secteur de la construction entre dans une nouvelle phase de croissance. Euroconstruct prévoit une consolidation de la croissance du secteur dans le futur proche : +2,1% en 2015 et +2,2% en 2016-2017.

 

a) La construction résidentielle soutenue par la rénovation

La construction résidentielle a enregistré une croissance modérée de 1,4% en 2014. La Hongrie, la Pologne et la Slovaquie ont porté la croissance en Europe de l’Est. Cette partie de l’Europe est toujours une force portant le marché, avec un taux de croissance en 2014 de 4,8%, contre 0,8% en Europe de l’Ouest.

De leur côté, l’Irlande, le Royaume-Uni et la Suède ont stimulé le marché résidentiel d’Europe de l’Ouest. Au Royaume-Uni notamment, ce marché est toujours en plein essor, avec 16% de nouveaux investissements en 2014. Dans d’autres pays, la construction résidentielle a au contraire continué à chuter, comme en Espagne (-5,9%), en Norvège (-4,4%), en République Tchèque (-5,7%), en Finlande (-3%), aux Pays-Bas (-2,7%) et en France (-1,5%).

Stimulé par des politiques gouvernementales incitatives des financements de l’UE pour remettre aux normes les vieux parcs immobiliers, c’est le segment de la rénovation, représentant 60% du marché résidentiel, qui a porté la croissance dans tous les pays (sauf en Espagne) en 2014. Les nouvelles constructions quant à elles ont chuté de 7% entre 2011 et 2014.

 

b) La construction non-résidentielle en voie d’amélioration

La construction non-résidentielle, qui a représenté 33% du total de la production de la construction en 2014, a crû de 1% en 2014, dont +1,4% pour la rénovation et +0,6% pour les nouvelles constructions non-résidentielles. Dépendante du développement économique général, la construction non-résidentielle en Europe est actuellement dans une phase de stabilisation, et suit une lente tendance à la hausse. Même si la situation demeure critique dans de nombreux pays européens pour le moment, elle devrait s’améliorer dans les prochaines années, à condition qu’il n’y ait pas d’aggravation de la crise actuelle. La récupération dans la construction non-résidentielle n’est donc attendue qu’à un rythme modéré.

 

c) L’ingénierie civile en tête du secteur de la construction

Avec 1,4% de croissance enregistrée en 2014, c’est dans l’ingénierie civile où la récupération a été la plus forte, comparé aux autres sous-secteurs de la construction. Tous les pays européens y ont enregistré une croissance positive, excepté la Finlande et l’Italie. Les dépenses en infrastructures sont restées très élevées en Europe de l’Est, mais aussi en Norvège, en Suède et en Suisse. En Irlande et en Espagne, où la crise financière et fiscale a eu un impact dramatique sur l’activité des travaux publics, la situation s’est inversée en 2014, mais avec un niveau d’activité encore très faible.

 

3) Les prévisions du secteur de la construction pour les 3 prochaines années

Selon le CECE, la production totale du secteur de la construction pourrait augmenter de 2% en 2015, et devrait se stabiliser à 2,2% en 2016 et 2017. A la fin de cette période, le niveau d’activité de la construction atteindra 1400 milliards d’euros, toujours 15% en dessous de son niveau d’avant-crise. Les trois principaux segments du marché de la construction devraient augmenter à court et moyen terme.

 

a) Les prévisions pour les 3 segments du marché de la construction

La croissance dans la production de constructions résidentielles devrait s’accélérer à court et moyen terme, proche de 4% par an, de 2015 à 2017. A la fois les nouvelles constructions et les travaux de rénovation soutiendront une modeste récupération dans le marché de la construction résidentielle en Europe. Cette nouvelle phase de croissance devrait se renforcer dans les trois prochaines années, notamment dans les pays d’Europe de l’Est, où les nouvelles constructions résidentielles devraient augmenter de 3,5% par an, contre 2% en moyenne dans les autres régions.

Pour l’investissement non-résidentiel, la tendance devrait également être à la hausse, mais à un taux plus modéré que celui du résidentiel (un peu plus de 2% en 2015-2017). Selon les prévisions du CECE, les nouvelles constructions de bâtiments non-résidentiels devraient augmenter nettement en 2015, à la faveur de l’éclaircie générale de l’économie qui peut être observée dans de nombreux pays.

Enfin, le secteur de l’ingénierie civile devrait augmenter à la vitesse moyenne de 2,5% dans les trois prochaines années, et la croissance devrait s’accélérer année après année. L’activité de rénovation des bâtiments continuera de son côté à avoir un important effet d’amortisseur du secteur de la construction dans son ensemble.

 

b) Les prévisions en détail pour les 5 principaux marchés

Parmi les 5 plus gros marchés, celui du Royaume-Uni sera le plus performant, avec une récupération stable du marché résidentiel (+3,9% dans les trois prochaines années), particulièrement dans la construction résidentielle privée, qui devrait croître de près de 10%. Les bâtiments commerciaux devraient quant à eux enregistrer une croissance record de 8% en 2015, tandis que les travaux publics devraient augmenter de 7,9%.

En Espagne, même si le secteur de la construction est en meilleure forme, les vastes réserves de bâtiments existants demeurent un frein à l’activité de la construction dans certaines régions. En Italie, certainement le pays qui a été le plus durement touché par la crise parmi les 5 grandes économies, le marché en 2017 restera 27% en dessous de celui de 2007.

Le marché allemand devrait, lui, continuer à être très important : les deux principales fédérations de l’industrie de la construction allemande prévoient en 2015 un niveau d’activité jamais vu depuis quinze ans, produisant plus de 100 milliards d’euros (+2% par rapport à 2014). Comme dans les années précédentes, les nouveaux logements seront le principal moteur de la croissance.

En France, en revanche, l’activité de la construction devrait baisser de 0,4%. Si l’activité de la rénovation devrait augmenter de 1,5% en volume, les nouveaux logements devraient atteindre leur niveau le plus bas, avec une très faible amélioration des mises en chantier, à 304.000 unités. Les nouvelles constructions non-résidentielles devraient, elles, continuer à décroître de 8%, tandis que l’ingénierie civile s’attend à une chute de production de 8% en 2015.

 

4) Marché de l’équipement : Grande volatilité et hétérogénéité

Les ventes mensuelles d’équipementsde construction en Europe (base 100 en 2010)
Les ventes mensuelles d’équipements
de construction en Europe (base 100 en 2010)

2014 a été une bonne année pour l’industrie européenne d’équipements de construction, avec des ventes sur le marché européen qui ont augmenté de 9%, comparées à 2013, et des exportations en légère hausse. Cependant, 2014 a aussi été une année de grande volatilité du marché en Europe, qui a connu un cycle économique entier en seulement une année : il a en effet commencé extraordinairement fort après un hiver très moyen, puis on a observé un marasme en été et au début de l’automne, suivi par un nouveau sursaut de la demande à la fin de l’année.

Les ventes d’équipements de construction dansles principaux marchés comparées à 2013 en %.
Les ventes d’équipements de construction dans
les principaux marchés comparées à 2013 en %.

 

L’hétérogénéité a aussi été très grande selon des pays : alors que le Royaume-Uni, le plus grand marché en termes de volumes, a vu une augmentation des ventes d’un tiers comparé à l’année 2013, qui était déjà forte, la Turquie et la Russie ont connu une année dévastatrice, avec des marchés en déclin de 25% et 37% respectivement. Même au-delà de l’Europe, la volatilité était similaire : le marché nord-américain a augmenté d’un cinquième, tandis que la Chine a décru du même taux. L’Empire du Milieu, le plus grand marché de l’équipement de construction au monde, a aujourd’hui des baisses cumulées de plus de 60% depuis 2011.

Les bonnes performances du marché européen en 2014 ont seulement permis de récupérer ce qui a été perdu en 2013. En cumulant tous les produits et pays, le marché reste toujours à plus de 40% en dessous des niveaux record observés en 2007, avec là encore, de grandes disparités en fonction des pays : l’Europe du Sud demeure à des niveaux absolus très bas, tandis que des marchés comme ceux du Royaume-Uni ou de l’Allemagne ne sont pas loin de leur niveau d’avant-crise de 2007.

 

a) Les ventes d’équipements de terrassement

En 2014, 135.000 unités d’équipement de terrassement ont été vendues en Europe (en incluant la Turquie et la Russie). Cela représente une augmentation de 6% par rapport à 2013, ramenant le secteur à son niveau de 2012. L’industrie a toutefois perdu son élan durant l’année : après une forte augmentation de 11% au premier trimestre, la croissance des ventes a graduellement disparu, et le 4e trimestre a même vu une baisse de 5%.

Le marché russe s’effondre de 38%

Cet élan négatif est particulièrement attribuable à la Russie. A cause des tensions politiques, le marché de l’équipement de terrassement s’est effondré : les ventes au 4e trimestre y ont chuté de 60%, tandis que le taux moyen de la baisse pour toute l’année 2014 était de 38%. L’autre marché problématique est la France, où les perspectives économiques se sont dégradées : même si l’augmentation des ventes pour toute l’année 2014 était de 8,5%, le 4e trimestre était très faible, et les prévisions à court terme ne sont pas meilleures. Le marché turc semble de son côté suivre une tendance inverse : même si les ventes d’équipement de terrassement y ont baissé de 23% en 2014, les derniers mois de l’année ont montré une tendance à une nouvelle hausse.

Le marché britannique augmente de 32%

Le marché du Royaume-Uni a été le plus dynamique en 2014, avec une croissance extraordinaire de 32%, amenant son marché de l’équipement de terrassement au second rang en Europe, derrière l’Allemagne. Le marché allemand, déjà à de très hauts niveaux, a réussi à croître encore, de près de 10%. Les pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) ont quant à eux augmenté de 10,5% en moyenne.

En Europe de l’Ouest, les Pays-Bas (+35%), la Belgique (+11%) et l’Autriche (+14%) ont eux aussi connu une forte croissance. Enfin, l’Europe du Sud a finalement montré quelques signes de vie, quoique à un niveau absolu extrêmement bas : le marché du terrassement espagnol a augmenté de 54%, et le petit marché portugais a bondi de 69%. L’Italie, le seul marché qui demeure important en Europe du Sud, a de son côté connu une croissance solide de 20%.

Les petits équipements se sont mieux vendus que les gros

Concernant les produits, les petits équipements de terrassement ont accompli une meilleure performance que les équipements lourds, en particulier les mini-pelles (+21% comparé à 2013) et les mini-chargeuses sur pneus (+17%). Les ventes de chargeuses compactes ont toutefois chuté de 15%, et celles des tractopelles, à cause des mauvaises performances des marchés russe et turc, ont baissé de 24%. L’actuelle prudence du secteur de la location en matière d’investissement rend également incertaine la croissance des ventes d’équipements compacts en 2015.

Les ventes d’équipements lourds ont elles aussi augmenté en 2014, mais la faiblesse du secteur des mines et carrières, le manque d’investissement en infrastructures et la crise russe les ont amoindries. Les ventes de grosses chargeuses ont baissé de 9%, et celles de tombereaux rigides de 27%, alors même qu’elles étaient déjà à un faible niveau en volume. Les tombereaux articulés (+15%), les pelles sur chenilles (+12%), les bulldozers (+6%), les niveleuses (+3%) et les pelles sur pneus ont en revanche connu une croissance plus convenable. Les récents indicateurs suggèrent que le pire est désormais terminé pour l’industrie minière, ce qui pourrait stimuler dans une certaine mesure la demande de ce type d’équipements en 2015.

 

b) Les ventes d’équipements pour la construction de routes

Au cours des 4 trimestres de 2014, les équipements pour la construction de routes étaient les plus performants de tous les sous-secteurs en Europe : la croissance totale des ventes a atteint 19%, comparée à 2013. Les taux de croissance étaient similaires parmi les groupes de produits : les ventes d’équipements légers de compactage ont augmenté de 20% (les compacteurs à main sont en tête de liste avec +34%), celles des compacteurs automoteurs de 16% (les compacteurs tandems ont pris la tête, avec une croissance de 25%) et celles des finisseurs de 21%.

Une situation similaire au marché des équipements de terrassement

La situation de ce marché est similaire à celui des équipements de terrassement en 2014 : l’Europe de l’Ouest et du Nord était un centre de stabilité, l’Europe du Sud a commencé à récupérer de ses niveaux extrêmement bas, et en Europe de l’Est, les ventes ont augmenté, sauf en Russie et en Ukraine. Le marché du Royaume-Uni a augmenté de 33%, la France a enregistré des ventes en croissance de 21%, et les pays nordiques ont gagné 22% en moyenne.

L’Espagne a, là encore, le taux le plus important, avec 61%, et le marché italien a vu une croissance considérable de 31%. Les pays d’Europe centrale et orientale ont enregistré une croissance étonnante des ventes de 47%, alimentée par une amélioration en Pologne et dans les pays baltes. Sans surprise, le marché de l’Ukraine s’est en revanche effondré, et la Russie a aussi vu une baisse considérable de 27%. Le marché turc a lui aussi enregistré une forte détérioration de 37%, mais la remontée au 4e trimestre suggère que le pire pourrait être derrière lui.

Une croissance qui a dépassé les attentes et qui devrait se poursuivre

Alors que l’activité dans la construction de routes aurait dû être limitée à cause de financements publics plus restreints dans beaucoup de pays européens, cette croissance a sans aucun doute dépassé les attentes. L’équipement pour la construction de routes est aujourd’hui le sous-secteur qui a récupéré le plus fortement après la crise. Cette tendance positive devrait se poursuivre, avec un taux de croissance annuel moyen de 2,6% pour le secteur de la construction de routes en Europe dans les 3 prochaines années, selon les prévisions d’Euroconstruct de novembre 2014.

 

c) Les ventes d'équipements de construction pour le béton

Alors qu’il y a eu une croissance notable en 2014 pour les équipements de terrassement et de construction de routes, le secteur de la construction de bâtiments n’a pas connu d’embellie. Cette moindre performance s’explique, entres autres, par un secteur de la construction à plat en Europe (+0,9%), après deux années consécutives de baisse, ainsi que par un effet statistique, dû à la forte croissance de la demande en équipements pour le béton en 2013.

Une baisse générale des ventes de 13%

Les équipements de construction pour le béton avaient pourtant bien commencé l’année 2014 : le 1er trimestre des ventes en Europe étaient un tiers supérieures à celles des niveaux de 2013. Mais à partir du 2e trimestre, le secteur a glissé vers le négatif : au total, les ventes en 2014 ont ainsi été de 13% inférieures à celles de 2013 sur les marchés européens. Cette baisse s’explique d’abord par la chute des ventes de bétonnières de 17%. Les ventes de centrales à béton ont, elles, connu une légère croissance, tandis que celles de pompes à béton ont été stables. Cependant, avec de faibles volumes de produits, ces taux de croissance déformés ne doivent pas être sur-interprétés.

Les marchés à gros volumes se sont développés différemment selon les régions et les pays : le marché allemand a chuté de 20%, alors que le marché français a légèrement augmenté de 4%. La Suisse et le Royaume-Uni ont également connu des hausses, mais le marché autrichien n’a pas pu se maintenir à son niveau de 2013. A l’instar des autres sous-secteurs du marché de l’équipement, il y a eu un élan positif en Europe du Sud, particulièrement en Italie.

Des exportations vers les pays du MENA pour compenser l’effondrement du marché russe

La pleine mesure des problèmes politiques en Russie – la faible concurrence, les sanctions européennes, mais aussi les mesures protectionnistes prises par le gouvernement russe – est devenue clairement visible dans les ventes d’équipement pour le béton en 2014 : non seulement le marché s’est effondré de manière dramatique, mais en plus, les entreprises européennes ont perdu des parts de marché. Les fabricants domestiques russes de bétonnières, et les acteurs asiatiques, sont a priori les grands bénéficiaires de cette tendance, qui devrait encore s’aggraver en 2015.

Les constructeurs d’équipements pour le béton pourraient néanmoins s’appuyer encore davantage sur leurs exportations : les premières destinations d’exportation, en particulier le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (marché MENA), étaient stables en 2014, grâce au développement du secteur de la construction résidentielle et non-résidentielle. Cette tendance devrait probablement se poursuivre en 2015.

 

d) Les ventes de grues à tour

Le marché des grues à tour en 2014 s’est développé dans la droite ligne de celui des équipements pour le béton : après une première moitié de l’année positive, les 2 derniers trimestres ont suivi une tendance à la baisse. Comparé à 2013, le total des ventes en 2014 a ainsi été légèrement négatif.

Sur les principaux marchés, les ventes au Royaume-Uni ont augmenté, alors qu’en France et en Allemagne, elles étaient plus ou moins stables. Le marché russe, auparavant l’un des plus importants pour les constructeurs européens, a connu une nouvelle baisse. La lente récupération attendue en Europe du Sud n’est pas encore là : la situation s’est un peu améliorée en 2014, mais on peut seulement parler d’une poignée de machines supplémentaires vendues.

Alors que le marché domestique est faible, les constructeurs européens de grues à tour se tournent eux aussi de plus en plus vers les marchés d’exportation : en 2014, l’Amérique du Nord et les pays du Moyen-Orient, en particulier les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, étaient de fortes destinations d’exportation, tandis que les ventes vers les marchés d’Extrême-Orient et de l’Inde ont continué à être faibles.

 

5) Les prévisions du marché de l'équipement pour 2015

Au début de l’année 2015, les constructeurs TP européens restaient très prudents sur l’évolution du marché de l’équipement, avec un baromètre des affaires du CECE proche de zéro. Même si l’hypothèse générale pour le futur est la poursuite de la récupération, son amplitude reste discutable. Les constructeurs d’équipements de terrassement et pour la construction de routes sont optimistes, alors que ceux d’équipements pour le béton sont plus hésitants : selon leurs estimations, plus de la moitié des ventes attendues dans la première moitié de l’année 2015 devraient baisser ou restées inchangées.

Les perspectives ne sont pas trop mauvaises pour 2015 : l’industrie européenne de la construction devrait être sur le chemin de la récupération, avec les 3 segments de la construction résidentielle, de la la construction non-résidentielle et de l'ingénierie civile, qui ont des prévisions de croissance positives. Le secteur des mines et carrières devrait également surmonter sa crise et pourrait stimuler la demande en 2015. Les investissements du secteur de la location devraient en revanche rester limités cette année.

De nombreuses incertitudes émanent cependant toujours des crises politiques, notamment le conflit Russie-Ukraine, qui sera probablement le plus sévère pour l’industrie européenne de l’équipement. Une récupération à court terme du marché russe est très peu probable, tandis que la crise de la zone Euro pourrait également entraver la propension des clients à investir. Avec cette toile de fond, un marché plat ou une croissance faible apparaît comme le scénario le plus réaliste pour l’Europe en 2015. Mais les marchés d’Europe du Nord et de l’Ouest demeurent à de hauts niveaux absolus, et les disparités entre les pays du Nord et du Sud ne devraient pas s’accentuer.

Au-delà du marché européen, les prévisions ne sont pas non plus mauvaises : le marché nord-américain de l’équipement devrait voir une poursuite de sa croissance, même si elle sera probablement à des niveaux plus bas qu’en 2014. Les marchés du Moyen-Orient semblent défier les incertitudes politiques et demeurent d’importantes destinations d’exportation pour l’équipement européen de construction. Enfin, les anciens moteurs de croissance en Asie, particulièrement la Chine et l’Inde, devraient revenir à la stabilité, après un passé récent très troublé.

 

Qu’est-ce que le CECE ?

Basé à Bruxelles et présidé par Eric Lépine, président de Caterpillar France SAS, le CECE (Commitee for European Construction Equipment – Comité européen des équipements pour la construction) représente l’industrie des équipements de construction auprès des institutions de l’Union européenne.
Son objectif est de coordonner les positions de ses membres et de travailler avec les autres organisations mondiales pour atteindre un environnement concurrentiel juste, via l’harmonisation des normes et les régulations. Il fédère les associations nationales de 13 pays européens, soit 1.200 entreprises employant directement environ 130.000 personnes, avec un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros, représentant 20% de la production mondiale d’équipements de construction.
Les membres du CECE sont : AEB Construction Equipment (Russie), Agoria (Belgique), Anmopyc (Espagne), FMMI (Autriche), CEA Construction (Royaume-Uni), CISMA Construction (France), FFTI (Finlande), FMIB (Pays-Bas), IMDER (Turquie), SACE Construction (Suède), SVSS Construction (République Tchèque), UNACEA (Italie) et VDMA (Allemagne).

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